Etude inédite sur la problématique de la contrefaçon dans le domaine des vins et spiritueux et présentation des technologies pour la contrer.

Etude inédite sur la problématique de la contrefaçon dans le domaine des vins et spiritueux et présentation des technologies pour la contrer.

La contrefaçon sur le marché des vins et spiritueux : enjeux et présentation des technologies anti-contrefaçon

Fausses bouteilles, fausses étiquettes, problématiques de re-remplissage et marchés gris sont autant de pratiques criminelles qui engendrent des pertes économiques directes et une atteinte à l’image de l’industrie des vins et spiritueux. De telles méthodes présentent aussi un danger d’ordre sanitaire pour les consommateurs comme l’ont illustré les décès, directement liés à la consommation de spiritueux illégaux, d’au moins 80 personnes début mai au Kenya1.

Eric Przyswa, Chercheur associé à Mines ParisTech au sein du Centre de recherche sur les Risques et les Crises et consultant, s’est donc vu mandaté par Selinko, acteur de la lutte anti-contrefaçon, pour fournir un rapport  inédit sur cette problématique. Cette étude nous offre un premier décryptage rigoureux et met en relief les sources internationales les plus pertinentes ainsi qu’une vision pédagogique des différentes technologies anti-contrefaçon existantes. La documentation du rapport est basée sur l’analyse de cas concrets, des interviews d’experts reconnus ainsi que sur les meilleurs travaux académiques sur le sujet.

Contrefaçon sur le marché des vins et spiritueux : déficit analytique

Ce travail de recherche souligne tout d’abord le déficit d’analyses statistiques sur le phénomène de la contrefaçon dans le secteur des vins et spiritueux. Cette situation serait due, entre autres, à la difficulté traditionnelle d’analyse des marchés illicites et au manque de statistiques internationales sur les saisies douanières d’alcools (les vins et spiritueux étant inclus dans la catégorie plus globale du « food and beverage »).

Toutefois le rapport présente plusieurs analyses disponibles crédibles sur certaines régions comme l’Italie, le Royaume-Uni ou l’Amérique latine et le cas de la contrefaçon en ligne est aussi abordé. De par l’importance de son marché, un focus particulier est fait sur la Chine.

En effet la Chine est devenue en quelques années le premier consommateur de vin rouge2 , donnant naissance depuis environ cinq ans à un important marché de la contrefaçon3. Ainsi, 25% des spiritueux européens importés en Chine seraient des contrefaçons4 et Nick Bartman, avocat spécialiste de la problématique de contrefaçon des vins, avait déjà pu constater lors d’un séjour de cinq semaines en 2010 que 50% des vins étrangers observés dans ce pays étaient des produits contrefaits5.

Principales technologies anti-contrefaçon sur le marché des vins et spiritueux

Avant de décrire les principales technologies anti-contrefaçon, le rapport propose une description détaillée ce qu’il est nécessaire de protéger : le contenu, le contenant, l’étiquette et la contre étiquette, le bouchon, la capsule et le packaging. L‘étude décrypte également l’importance de la problématique du re-remplissage des bouteilles, régulièrement citée par l’industrie comme étant le principal fléau à contrer. De plus la protection du produit seule ne suffit pas sans un véritable contrôle du circuit logistique.

Les différentes technologies anti-contrefaçon existantes sont ensuite classifiées selon leur usage

  • Dispositifs Anti-effraction : pas fonctionnellement authentifiant, mais permet d’assurer l’intégrité d’un couple produit/emballage.
  • Technologies Overt (éléments visibles) : caractérisées par leur accessibilité à l’utilisateur (ex : hologrammes).
  • Technologies Covert (éléments codés ou cachés) : caractérisées par la nécessité d’un système expert de lecture, ces technologies ne pouvant être lues à l’œil nu (ex : RFID/NFC, caractéristiques intrinsèques).
  • Technologies Forensic (éléments relevant d’une analyse scientifique) : basées sur l’analyse scientifique et nécessitent l’utilisation d’outils de laboratoire (ex : nanoparticules).
  • Technologies Track and Trace : issues du secteur logistique; elles permettent d’assurer une traçabilité des marchandises (ex : code barre).
  • Technologies dotées des éléments Tamper evidence : utilisent des procédés qui empêchent l’accès à des objets protégés (ex : scellés).

 

Tendances et critères de choix d’une technologie anti-contrefaçon

L’analyse des évolutions du marché de l’anti-contrefaçon révèle que la technologie est plus que jamais mise au service de la sécurisation. Dans cette dynamique se détachent deux tendances fortes : l’importance croissante du RFID-NFC et l’implication du consommateur final dans le dispositif de sécurisation. Il est en effet devenu primordial de placer le consommateur au centre du dispositif anti-contrefaçon en lui permettant de vérifier lui-même l’authenticité du produit qu’il achète, avec son téléphone mobile par exemple.

Un choix technologique est toujours lié à des contraintes spécifiques comme l’environnement de production et de commercialisation des produits. Cependant, six critères principaux sont souvent retenus dans le processus de décision.

Schéma reprenant les principales technologies anti-contrefaçon évaluées en fonction de six critèresComme le démontre le schéma6 ci-dessus , il apparaît que la technologie NFC est  la technologie la plus adaptée au secteur haut de gamme des vins et spiritueux. Celle-ci présente un bon niveau de sécurité et s’inscrit dans une évolution logique de numérisation du milieu industriel et artisanal avec une bonne intégration du consommateur final (simplicité du contrôle et enjeux marketing). Le choix d’une telle technologie implique cependant de tenir compte d’un certain nombre de conditions variables telles que l’importance du service et du conseil du prestataire, le suivi des normes, la culture numérique du producteur de vins ou spiritueux, etc.

Les experts nous disent

« La RFID et en particulier la NFC (Near Field Communication) est une technologie anti-contrefaçon très performante en termes de facilité de contrôle et par la difficulté d’imitation par les contrefacteurs », souligne Jean-Michel Loubry, Expert en traçabilité et protection contre la contrefaçon, président de la commission AFNOR sur la performance des solutions de protection contre la contrefaçon.

« Un point stratégique soulevé lors des entretiens, notamment avec Château Latour, est l’importance d’une protection au niveau de la capsule de la bouteille».

D’après Maureen Downey7 , du cabinet Chiai consulting, il est également important de combiner avec des solutions « high-tech » une solution « low tech »   car face à des contrefacteurs qui développent des stratégies de plus en plus sophistiquées et rapides, il convient d’avoir plusieurs niveaux de sécurité. Ce point de vue est confirmé par le producteur de vins Châteaux Margaux qui a trois solutions de sécurité (gravage laser, code à bulles et peinture sécurisée). « Ces trois solutions permettent à ce grand cru de recouper les informations, d’optimiser la sécurité en cas de défaillance de l’une des techniques de protection et présentent aussi un caractère dissuasif. »,  rappelle Olivier Chotard, Responsable des Systèmes d’Information, Château Margaux.

Faits et chiffres clés

Global

  • Selon l’International Center for Alcohol Policies : 30 % des alcools consommés dans le monde seraient illicites8.
  • Les experts du Wine Spectator évaluent que 20% des vins consommés dans le monde seraient contrefaits9.

Chine

  • La Chine est le cinquième consommateur de vin dans le monde10 et est devenue pour la première fois le premier consommateur de vin rouge devant la France et l’Italie11.
  • La contrefaçon de spiritueux européens importés serait de l’ordre de 25% en Chine12.
  • Nick Bartman , expert basé en Chine, a pu observer en 2010 près de 400 vins différents durant un séjour de cinq semaines sur sept régions chinoises : environ 50% des vins étrangers observés étaient des produits contrefaits13.
  • Selon Wine Intelligence, la contrefaçon de vins était en 2013 l’une des cinq préoccupations majeures du marché chinois14.

Perspective des consommateurs

  • En 2009, 75% des consommateurs déclaraient préférer acheter une marque de vin doté d’une technologie anti-contrefaçon15.
  • La première barrière a l’achat de vin pour les consommateurs chinois est qu’ils ne savent pas si le vin qu’ils consomment est authentique ou non (44%)16.

A propos de l’auteur

Eric Przyswa, Chercheur associé à Mines ParisTech au sein du Centre de recherche sur les Risques et les Crises, consultant, est l’auteur de ce rapport. Il conduit des travaux de recherche sur la sécurité humaine dans des environnements industriels et s’intéresse notamment aux enjeux de santé publique ainsi qu’aux risques liés aux nouvelles technologies. Il est par ailleurs consultant pour des institutions et des entreprises sur ces thématiques. L’auteur écrit dans de nombreuses revues académiques françaises et étrangères de premier plan (Hermès, Futuribles, Tribune de la santé, Information and Society, etc.).

propos de Selinko®

Société anonyme belge, créée en Septembre 2012, Selinko a développé la première plateforme sécurisée et intégrée donnant à chaque objet une identité unique et vérifiable par tous. Cette  identité  permet  de  fournir une solution d’authentification forte pour lutter contre la contrefaçon à la fois physique et en ligne. La solution de sécurisation propose aussi une solution de traçabilité end-to-end ainsi que des services de marketing direct en plaçant sur chaque objet une puce NFC. Cette solution s’appuie sur une technologie standard éprouvée depuis plus de 20 ans dans le monde bancaire. Chaque puce contient un certificat crypté au niveau hardware lisible à partir d’un téléphone mobile NFC possédant l’application sécurisée Selinko et garantissant une communication totalement protégée entre le téléphone et la puce. Selinko s’adresse à différents secteurs tels que le luxe, les vins et spiritueux, les parfums et cosmétiques, l’art et le design, le matériel de sport, etc.

Selinko a été confronté à un manque évident de données officielles et récentes sur la problématique de la contrefaçon touchant le secteur des Vins et Spiritueux, ce qui a motivé la commande de cette étude. Dans un souci d’objectivité et de transparence, Selinko a demandé l’analyse exhaustive des différentes technologies anti-contrefaçon existantes par des experts indépendants, pour permettre aux acteurs de ce marché de mieux comprendre les champs d’action de chacune, les niveaux de sécurité variables et anticiper les tendances de demain.

Contact

Contact Rapport • Eric PrzyswaŸ • ŸChercheur Associé Mines Paritech, Consultant • Ÿ+33 6 18 57 90 41• Ÿeric.przyswa@mines-paristech.fr

Contact Presse Selinko® • ŸGwennaelle Festraets • ŸVP Marketing & Communications • Ÿ+32 496 28 25 26 • Ÿgwen.festraets@selinko.com 

Téléchargement de l’étude

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Références

1Jeune Afrique, AFP, 80 morts après la consommation d’alcool frelaté, 8 mai 2014

2 Scheherazade Daneshkhu, « China overtakes France as biggest consumer of red wine », Financial Times, 29 janvier 2014.

3 Entretien César Compadre, journaliste Sud-Ouest.

4 Spirits Europe, http://www.spirits.eu/page.php?id=80&parent_id=30

5 Jim Boyce, Matured two years : Nick Bartman’s investigation of fake wine, other IPR issues in China, 3 juin 2012, http://www.grapewallofchina.com/2012/06/03/matured-two-years-nick-bartmans-investigation-of-fake-wine-other-ipr-issues-in-china/

6 Source : Jean-Michel Loubry, Eric Przyswa, avril 2014.

7 Maureen Downey citée par Chris Bennett , « Wine fakes didn’t begin or end with Rudy Kurniawan », Western Farm Press, 10 septembre 2013.

8 Alan Rappeport, Jan Cienski, Counterfeit alcohol problem takes a deadly toll, Financial Times, 5 novembre 2012.

9 Robert Taylor, Wine Spectator, 21 novembre 2013.

10 Joshe Bateman, « How education is driving China’s unquenchable thirst for wine », asiancorrespondant, 17 janvier 2014.

11 Scheherazade Daneshkhu, « China overtakes France as biggest consumer of red wine », Financial Times, 29 janvier 2014.

12 Spirits Europe, http://www.spirits.eu/page.php?id=80&parent_id=30

13 Jim Boyce, Matured two years : Nick Bartman’s investigation of fake wine, other IPR issues in China, 3 juin 2012, http://www.13 grapewallofchina.com/2012/06/03/matured-two-years-nick-bartmans-investigation-of-fake-wine-other-ipr-issues-in-china/

14 China: Five trends for the wine market in 2013.

15 Rhys Pender, « Counterfeit – Its Impact on the Business of Wine », dissertation, The Institute of Master of Wine, mars 2010.

16 Wine Intelligence, Is your back label right for China ?, 27 juin 2013.